Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Conflits dans le monde

Ce blog propose des analyses sur l'actualité dans le monde, dans ses faits divers: politique, social, culturel, économique, et religieux. L'accent est particulièrement mis sur les conflits si inhérents à la nature humaine, expliquant leurs motivations dans les contextes qui les font naître, sugérant les possibles voies à leur résolution. Damien Delesti Mbaouya

Centrafrique: Et si l'ambassadeur de France n'était qu'un bouc émissaire du Quai d'Orsay?

Publié le 16 Janvier 2016 par Damien Delesti Mbaouya

Centrafrique: Et si l'ambassadeur de France n'était qu'un bouc émissaire du Quai d'Orsay?

Les Faits

Charles Malinas l'ambassadeur de France actuellement en poste à Bangui, était pointé du doigt par Paris comme celui qui aurait "misé sur le mauvais cheval" (Jeune Afrique) et aurait fait croire à ses interlocuteurs, sa nette impression d'un soutient à Martin Ziguélé, membre de l'international socialiste et candidat malheureux (Il est arrivé en quatrième position) durant les premiers tours des élections présidentielles du 30 Décembre dernier. "Que le futur président soit Anicet Dologuélé ou Faustin Touadéra, on voit mal comment Malinas pourra cohabiter avec lui".

(http://www.jeuneafrique.com/mag/292573/politique/centrafrique-depart-anticipe-la mbassadeur-de-france/). 

L'ambassadeur et le Quai d'Orsay auraient "misé sur le mauvais cheval"

Traditionnellement (et en dehors d'autres fonctions que l'on peut assigner à un chef de mission diplomatique officiellement installé dans un Etat Souverain), on reconnait à un diplomate trois fonctions:

-Représenter

Un ambassadeur représente son Etat auprès d'un autre Etat qui l'accueille et l'accepte. A ce titre, chaque fait et geste du diplomate sont considérés à priori, comme ceux de son pays d'origine.

-Informer

L'ambassadeur informe son Etat, du quotidien qui se vit dans le pays hôte en restant aux aguets des informations qui circulent et qu'il se doit de recueillir, d'analiser et d'envoyer. Ici, il y a bien une exception. Le diplomate ne s'adresse pas au grand public n'importe comment, mais à ses autorités. Il se doit d'avoir le souci du langage responsable dans son message car son analyse vise à prendre des décisions.

-Conseiller et négocier

L'ambassadeur est le conseiller de son Exécutif en ce qui concerne la politique extérieure de son pays dans le pays hôte. Supposons que Charles Malinas ait conseillé à François Hollande que Martin Ziguélé méritait le soutien de la France parce qu'il faisait la une des journaux à Bangui comme étant, le premier favori. Les décisions du parti socialiste et du gouvernement Français, ne peuvent que se baser sur cette analyse de l'ambassadeur.

Charles Malinas bouc émissaire

Alors qu'il avait vu que l'Elu à la présidentielle Centrafricaine serait Ziguélé, il avait induit en erreur les autorités Françaises dans leurs décisions, quant à l'issu des élections présidentielles en Centrafrique. Ce qui donne l'impression que ces autorités s'étaient investi en vain quelque part, en pensant toujours à ce candidat.

C'est cette erreur d'évaluation qui lui coûterait son poste. C'est dans ce sens que nous pouvons dans un premier temps, cerner l'apparente position du Quai d'Orsay contre le prétendu comportement de son diplomate en Centrafrique. Cela frise une incompétence pour la juste opinion, de ce qui se passe sur le terrain pendant tout le processus électoral.

Aussi, est-il que Charles Malinas se serait donné trop souvent au jeu d'intervention publique face aux journalistes qui recherchent des informations. Cette attitude a éteint l'un des devoirs majeurs du diplomate à savoir la discrètion très nécéssaire à la stratégie diplomatique dans le pays où le diplomate est accrédité.

Dans tous les cas, Paris a eu la nette impression que son ambassadeur ne joue pas en faveur des intérêts de la France, en "l'ayant trompé" ou en perdant la concentration.

Que ce soit par fausse analyse ou par manque de discrètion, il le fait comme le chef permanent de la mission diplomatique Française en Centrafrique. Mais pourquoi devient-il alors le bouc émissaire?

 Une diplomatie Française très confuse à l'heure des élections

L'erreur du diplomate en donnant le mauvais conseil, est vu comme l'erreur de la France toute entière. La responsabilité n'étant pas seulement de Monsieur Charles Malinas, mais d'un Parti Socialiste Français qui a toujours cru qu'en Centrafrique, Ziguélé passerait et serait proche de lui. Appuyer Ziguélé était garantir les intérêts Français. Mais là où le bas blesse était le jeu opposé du peuple Centrafricain, un jeu très diplomatique pour avoir élu des personnalités loin de l'imaginaire Parisien. C'est alors que Paris décide de rebrousser chemin en s'éforçant de séparer un double niveau d'analyse: celui de l'opinion personnelle de Mr Charles Malinas qui ne correspondrait pas à celui de Charles Malinas comme ambassadeur.

Car l'enjeu est que l'intérêt de la France en Centrafrique était en danger, seulement pour ne pas avoir imaginé un Faustin Archange Touadéré ou un Anicet Georges Dologuélé comme Futur Président de RCA. La France ( et non Charles Malinas) s'embarrasse dans son rôle de coopération avec un Président qu'elle n'aurait pas soutenu. D'où la nécessité d'une rapide volte face.

Et cette nécéssité devait avoir une explication diplomatique aux yeux des nations. D'où la désignation du bouc émissaire: le pauvre diplomate. En fait, si Charles Malinas était vraiment le coupable à lui seul, il serait parti immédiatemment sans attendre le second tour des élections. Force est de constater que sa sanction est tolérée jusqu'à la fin du second tour du scrutin. 

Au delà de tout, un peuple Centrafricain chaque jour rassurant et très diplomate.

L'on peut comprendre en fin de compte, que les Centrafricains, ayant perçu que la France ait soutenu Martin Ziguélé, s'étaient débarassé de lui, en misant sur d'autres candidats n'ayant pas bénéficier du même soutien. Cela pourrait être le cas du Outsider Faustin Archange Touadéra. Au fond de ce jeu de ping pong, les Centrafricains signifieraient leur ras-le-bol pour le choix de leur Président toujours manipulé par une main invisible.

Cela peut encore se répéter pendant ce second tour de la Présidentielle. Il suffit que l'un des deux candidats encore en compétition ait de nouveau bénéficié, ne fut-ce que d'une petite rumeur du soutien de la France à sa candidature, et voilà, son tour est joué perdant. Les Centrafricains éliront son adversaire. L'idée est que le choix du peuple doit réfléter réellement la volonté populaire, sans tricherie et qu'une impression de la prise en main du destin centrafricain soit mise en route à partir d'aujourd'hui.

 

 

Commenter cet article