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Conflits dans le monde

Ce blog propose des analyses sur l'actualité dans le monde, dans ses faits divers: politique, social, culturel, économique, et religieux. L'accent est particulièrement mis sur les conflits si inhérents à la nature humaine, expliquant leurs motivations dans les contextes qui les font naître, sugérant les possibles voies à leur résolution. Damien Delesti Mbaouya

Centrafrique: Les élections Présidentielles et Législatives: De la compétition à la coopération.

Publié le 3 Janvier 2016 par Damien Delesti Mbaouya in Conflits politiques

Centrafrique: Les élections Présidentielles et Législatives: De la compétition à la coopération.

Depuis le 30 Décembre 2015, la République Centrafricaine appuyée par la communauté internationale, s'active dans un véritable exercice démocratique électoral afin de sortir de ses trois années consécutives de la crise politico-militaire, perpetrée par le régime Séléka qui aura renversé depuis le 24 Mars 2013 le régime de l'ancien Président Bozizé.

L'autorité Nationale des Elections (ANE) organe électoral chargé de superviser les élections, a commencé la publication des résultats provisoires et partiels depuis le samedi 2 Janvier 2016, lesquels positionnent certains candidats à la présidentielle, en haut de liste au détriment d'autres.

Le scénario qui se présente comme il est de coutume dans ce pays, serait, la contestation des résultats. Ce qui souvent rime avec la création des rébellions armées pour certains candidats malheureux, qui ne voient plus comment exercer le pouvoir suprême sinon par la voie des coups d'Etats qu'ils cherchent tôt ou tard à tramiter avec des complots externes.

C'est une des caractéristiques du vieil esprit centrafricain. Ce que nous entendons par le nouvel esprit centrafricain, dans ce contexte électoral, sera le passage de la logique d'agressivité, de la violence post-électorale vers un esprit rationnel. Être raisonnable, c'est par exemple refuser de se faire justice soi-même en manipulant des populations en mal de référence d'un vrai leader politique du moment. C'est dans l'autre sens, recourir à la justice pour contester légalement les irrégularités qui auront largement modifié les résultats de manière injuste. Si tel n'est pas le cas, il serait plus honnête,plus courageux, de pratiquer le fair play électoral en acceptant les résultats des urnes, sans honte et sans agendas ocultes, destructives en court, moyen et long terme.

Dans le processus électoral, il est certain que la clé d'une culture de paix tant recherchée par le peuple de Centrafrique et tous les investisseurs, est la transformation de la compétition en coopération. Les candidats dans leurs respectives campagnes électorales auront été des compétiteurs. Les uns jouant leurs agendas politiques contre les autres dans une stratégie de gagner-perdre: "je gagne, les autres perdent". Soit! Cela est correcte vue la nature politique de cette activité. Mais une fois les résultats proclamés, ce qui serait très encourageant pour la jeune démocratie centrafricaine, sera l'attitude positive des candidats malheureux. Qu'ils reconnaissent leurs éfforts si insuffisants pour atteindre leurs objectifs et félicitent ceux de leurs adversaires qui auront été meilleurs. Qu'ils aient l'esprit d'opposants démocratiques. Qu'ils continuent de se battre, contrôlant les grandes lignes de politique générale de la majorité présidentielle. Cela peut se faire dans un esprit de coopération, alors qu'ils participent activement au débat démocratique et s'investissent pour la reconstruction du pays, sans la voie des armes.

La coopération exige aussi, de la majorité présidentielle; un changement de perception que exclui justement la stigmatisation des perdants,leur cantonnement comme des "vauriens" qui n'ont rien à apporter aux prétendus gagnants. Ce serait une erreur grave car l'opposition démocratique donne et fait le poids du jeu démocratique. C'est ce qui justifie la crédibilité du régime du pays aux yeux de tous les partenaires au developpement de la République. Eloigner les opposants pour mieux régner, c'est encore issu du vieil esprit centrafricain.

 En vue de la poursuite d'intérêts comuns au bénéfice du peuple, pour le peuple et la nation il est impératif de donner à l'opposition, sa place atravers le dialogue constructif, quand bien même contradictoire.Que les relations entre les leaders politiques centrafricains continuent après les élections, d'être plus humaines, chaleureuses et démocratiques.

Voilà le Nouvel Esprit Centrafricain tant attendu par le peuple et appelé désormais à prévaloir par l'apport des uns et des autres, tant sur la scène national que dans les relations multilatérales de coopération avec les autres acteurs des Relations Internationales.

 

 

 

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